Urbanisme

 
 panneau EUROMED HD
 

Cahin-caha


10.2015

Dans le miroir du temps, Marseille reflète son chaos, d’heures de gloire en profonds déclins. Ainsi, entre puissance altière et cour des miracles de ce début de siècle, le centre-ville hésite encore à trouver sa place. Royale ?

 

À coup de tours toujours plus hautes et de centres commerciaux toujours plus grands, le colossal chantier d’Euromed sonne-t-il le renouveau de Marseille ? Osons l’espérer. À l’instar du quartier Confluence à Lyon, cité avec laquelle Marseille rivalise le titre de deuxième ville de France, l’urbanisme s’étale pour démultiplier l’espace et imaginer de nouveaux centres. Nous ne disposons pas de la majestueuse étendue de la place Bellecour, certes plus grande zone piétonne d’Europe, mais nous avons un autre atout, et de taille : le port et sa célèbre Canebière. Il suffit de s’y balader – la tête en l’air – pour respirer ce que fut l’une des plus prestigieuses artères de l’Hexagone. De multiples hommages au génie architectural. Mais le parcours d’une ville est comme celui des hommes, jalonné de petits et grands bonheurs, de profondes blessures aussi. Encore une fois, appelons de nos vœux qu’Euromed initie la reconquête d’un centre-ville exceptionnel que les Marseillais ont lâchement déserté pour émigrer plus au sud. Désolant résultat. Toutefois, dans le cœur même de cette métropole déchirée en deux, saluons le courageux projet de l’hôtel de luxe en lieu et place de l’îlot Feuillants dont les panneaux en façade stipulent un message on ne peut plus clair : « Une Canebière pour tous les Marseillais ». Parenthèse fermée, retraçons maintenant deux épopées de notre histoire. L’esquisse abandonnée de Pierre Puget au XVIIe siècle et la reconstruction d’après-guerre autour du Vieux-Port. Marseille, lève-toi.

 

Par Louis Badie