PARU DANS COTE LA REVUE D'AZUR

 

 

 
 buzzi

 George Buzzi fait partie des plus grands promoteurs sur la Côte d'Azur.

Georges Buzzi

  • L’esprit des Trente Glorieuses
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10.2017

Il n’est autre que l’architecte par lequel la Côte d’Azur a inscrit la modernité dans son paysage architectural.

 

Nous étions constamment à la recherche de matériaux nouveaux, de techniques novatrices dans tous les domaines. Le monde avait changé. Il était ouvert aux idées nouvelles ou tout du moins à celles que l’on jugeait telles. Sans avoir à combattre, j’ai pu travailler en harmonie avec mes convictions. » Le monde dont Georges Buzzi parle est celui de l’après-guerre. L’époque des Trente Glorieuses, qui allait façonner un paysage architectural entièrement renouvelé. Une mission pas toujours facile à mener. Preuve avec la construction de la nouvelle gare maritime de Cannes. Buzzi gagne le concours en 1952. La construction de l’édifice s’achève en 1957. Il y applique sa vision de l’architecture, à la fois forgée auprès d’Auguste Perret, dont il a été l’élève, et enrichie par l’influence des modernistes tels que Mies van der Rohe, Gropius, Wright, Le Corbusier, Niemeyer : structure métallique, deux grands volumes simples articulés de manière à exprimer une dualité fonctionnelle, toiture-terrasse. Et surtout, une fresque monumentale en céramique conçue par le célèbre céramiste de Vallauris Roger Capron. « Le projet une fois réalisé, l’aventure a commencé : atta­ques de tous côtés, articles de presse pour ou contre, certains lecteurs allant jusqu’à proposer de pendre l’architecte, mais recevant l’appui de personnalités telles que Cocteau, Mme Weisweler, Picasso, Pignon et de nombreux architectes. »

 

Patrimoine du XXe  siècle
Le temps leur a donné raison car, en octobre 2006, la gare maritime de Cannes reçoit le label Patrimoine du XXe siècle. Deux autres projets bénéficient aujourd’hui de cette reconnaissance : la chapelle Saint-Martin de Peille (1950-52), d’inspi­ration futuriste et brutaliste, et le chalet des époux Capron (1960), à Beuil, dont la modernité exprime la franchise assumée des matériaux et le décor joyeux et coloré, typique de la période. Pour Jean-Lucien Bonillo, professeur à l’École nationale d’architecture de Marseille et directeur du laboratoire INAMA : « Georges Buzzi fait partie de ces professionnels de l’architecture qui ont su mettre leur enthousiasme et leur envie de modernité au diapason du dynamisme d’une époque bien nommée, les Trente Glorieuses. Son œuvre construite, à l’instar des meilleures, a provoqué parfois la polémique avant que le temps passant, elle ne soit au contraire consacrée par le regard rétrospectif et patrimonial. » Au cap d’Antibes, on lui doit aussi la villa Eden Rose construite en 1957 pour l’horticulteur rosiériste Armand Paolino. Ce projet, inspiré par le travail de Richard Neutra, est sa première réalisation contemporaine. La signature est déjà là : liberté de formes, architecture limitée aux seuls volumes... Georges Buzzi restera en activité jusqu’en 1995. Son œuvre est riche, diverse et multiple. Du rectorat de Nice au palais des congrès Acropolis (avec Pierre Baptiste, Pierre Bernasconi), en passant par l’usine Griesser dans la zone industrielle de Carros, la Caisse d’Épargne et de Prévoyance à Nice ou encore le complexe sportif de Magnan, son vocabulaire architectural a permis à la Côte d’Azur d’exprimer clairement son envie de modernité.

 

Par Alexandre Benoist - Portait : Marjorie Modi

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