Portraits

 

 

 
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Justine Lipuma

  • Quand champignon rime avec innovation !

12.2018

« Redonner de la vie au sol pour qu’il soit moins dépendant de la main de l’homme »

Saviez-vous qu’il y a plus de micro-organismes vivants dans 1 gramme de sol de forêt que d’habitants sur la planète ? Avec l’océan, notre très chère terre constitue donc le plus grand réservoir microbien existant. Sauf que… « Il est complètement occulté par les pratiques agricoles. Dans un terrain cultivé, on passe du milliard de microbes au millier… » Pour Justine, cet appauvrissement de la biodiversité naturelle – conséquences des techniques agricoles intensives d’après-guerre, basées sur l’utilisation massive d’intrants chimiques – est catastrophique. « Il est aujourd’hui prouvé qu’il existe des interactions positives et bénéfiques entre ces populations microbiennes et la croissance des plantes. » En un mot, plus il y a de microbes et mieux la plante pousse. Et ce, sans pesticides… D’où l’idée de ce docteur en biologie de créer Mycophyto à Sophia Antipolis : « L’objet de cette start-up est de développer des solutions biologiques en santé des plantes en appliquant sur le terrain un savoir-faire parfaitement maîtrisé dans les laboratoires, la mycorhization, c’est-à-dire l’association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes. Une technique capable de redonner de la vie au sol pour qu’il reprenne son autonomie et soit moins dépendant de la main de l’homme et d’apports chimiques. » Un doux rêve pour celle qui, dès l’âge de 14 ans, se destinait à une carrière d’ingénieur agronome dans l’objectif d’aider le monde agricole à trouver des solutions… Pourtant, la start-up créée en 2017 est déjà lauréate de 7 prix d’innovation – 1er prix du trophée Création d’Entreprise du Riviera Network 2017, Bourse « French Tech » de BPI France, 1er prix du trophée Rotary 2017 de la Création d’Entreprise… Un beau témoignage des espoirs qu’elle porte. Une réalité commerciale également, car les premiers clients – issus du marché des plantes à parfum et aromatiques – sont déjà là. Son objectif ? « Déposer trois brevets d’ici 2019 et pénétrer les marchés de la vigne et de l’huile d’olive d’ici 2022. »

Par Alexandre Benoist / Photo Jean-Michel Sordello