Portraits

 

 

 
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Audrey Claren

  • Faire gagner la vie

12.2018

« C’est un contexte très dur mais nous avons de belles réussites »

Au départ, j’hésitais entre des études de sciences ou de médecine, mais être au contact des patients me correspondait beaucoup plus », lance le docteur Audrey Claren, 34 ans, cancérologue radiothérapeute au Centre Antoine Lacassagne. Un établissement de pointe en matière de lutte contre le cancer. « Notre pôle de radiothérapie, réparti sur deux sites, est le premier plateau technique européen ! Pour rester pionnier, nous nous sommes aussi dotés d’un équipement de protonthérapie de haute énergie unique au monde, avec comme priorité l’oncologie pédiatrique », poursuit la jeune femme d’une grande douceur, qui a fait de cette discipline sa spécialité de cœur. « Près de 2 000 enfants sont touchés chaque année en France par le cancer et environ 500 ont besoin d’un traitement par irradiation ». Battante, Audrey Claren met ainsi toute sa détermination au service des petits patients et de leur famille à l’Institut Méditerranéen de Protonthérapie. Une technique ultra-précise, qui permet de traiter les tumeurs à proximité d’organes sensibles. « C’est un contexte très dur mais nous avons de belles réussites. Notre challenge est de vaincre la maladie tout en limitant les effets secondaires sur la croissance et le développement. » Et de la ténacité, Audrey Claren en a tant, elle dont la vie a un jour basculé. « J’ai eu un accident de voiture quand j’étais encore étudiante à la fac de Nice et j’ai perdu une partie de la mobilité de ma main gauche. Je me souviens de mes professeurs et de tous les étudiants de ma promotion venus me voir à l’hôpital, où j’ai subi sept opérations. Ce sont des moments qu’on n’oublie jamais, qui font grandir d’un coup. » Si elle faisait auparavant de la gymnastique rythmique à haut niveau, elle arpente désormais le monde avec son époux, comme dernièrement l’Ouest américain. Travaillant dans une équipe de soin pluridisciplinaire, elle n’en a pas pour autant oublié les éprouvettes. « L’oncologie est une discipline toujours en développement, avec une grosse part de recherche. Alors finalement, j’allie les deux aujourd’hui, en ayant le sentiment d’être utile. »

Audrey Claren pose auprès d’un masque de contention thermoformé, utilisé pour traiter les tumeurs cérébrales. Il est décoré en Spiderman, pour que les enfants se sentent plus forts.

Par Tanja Stojanov / Photo Jean-Michel Sordello