Portraits

 

 

 
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Julia Pereira de Sousa Mabileau

  • La sensation tricolore

12.2018

« Au départ, j’ai été attirée par le côté cool du snow »

En décrochant la médaille d’argent à Pyeongchang en février 2018, cette snowboardeuse azuréenne est devenue, à 16 ans, la plus jeune médaillée française de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver. L’aventure de Julia Pereira est celle d’une ascension fulgurante dans le monde du boardercross. « Un sport très complet, où l’on doit être à la fois fort, souple et athlétique », témoigne la blonde aux cheveux longs, qui connaît par cœur des dizaines de chansons. Défiant sur la piste tous les obstacles, des bosses et portes aux virages les plus relevés, cette compétitrice dans l’âme – qui n’aime perdre à aucun jeu – a pris la voie express vers une reconnaissance internationale, après à peine quelques mois en Équipe de France. « J’ai grandi entre Saint-Cézaire l’été et Isola 2000 l’hiver, où mes parents tenaient le restaurant Le Spot. C’est là que les riders se donnaient rendez-vous le matin », se souvient celle qui, à 9 ans, décide que les cours de ski, c’est fini. Ce sera désormais les joies de la planche ! Libre et déterminée, Julia rejoint alors les Back to Back, le club de snow de la station, où est passé le Cannois Tony Ramoin avant elle. « Quand il est revenu des J.O. en 2010, j’étais impressionnée. Je me souviens que j’ai demandé à ma mère : “Tu crois qu’un jour j’aurai une médaille comme lui ?” ». Pour réaliser ce rêve, Julia fait ainsi ses valises pour le collège Jean Franco à Saint-Etienne-de-Tinée, puis les lycées de Villard-de-Lans et d’Albertville en sport-études. « Une décision pas facile, car c’est le choix de l’internat, de passer tout l’été à étudier pendant que les autres sont en vacances. » Et d’ajouter en riant : « Au départ, j’ai été attirée par le côté cool du snow, mais c’était avant de voir que c’était très sérieux en coupe du monde ! » Qu’à cela ne tienne, Julia y décrochera deux médailles, avant sa consécration olympique. « Un moment fou, que j’ai vécu avec ma famille en Corée du Sud. À 17 ans aujourd’hui, j’ai encore ma carrière devant moi, plein d’étapes à franchir. » Rendez-vous dans quatre ans, aux J.O. de Pékin !

Par Tanja Stojanov / Photo Jean-Michel Sordello