Portraits

 

 

 
 MADAME-MONSIEUR3-(c)-Dorothee-Murail.jpg

 

Charlotte Pringuey-Cessac

  • Entrer en résonance

12.2018

« Le charbon de bois a été pour moi un outil premier, qui m’a permis de m’exprimer sur le mur »

Représentée à Nice par la Galerie Eva Vautier, elle a suivi l’enseigne­ment de Patrice Giuge à la Villa Thiole. Au cours de ses études à la Villa Arson, elle a expé­rimenté différentes tech­ni­ques, qui l’ont poussée à avancer vers de nouvelles pratiques. Une formation qu’elle a prolongée par un Master 2 en patri­moine architectural. De cette époque, Charlotte Pringuey-Cessac a gardé des histoires passionnantes sur la Route royale, qui reliait le comté de Nice à la capitale des États de Savoie, Turin. Résolument contemporains, les dessins muraux qui l’ont fait connaître, sont comme des arbres qui jouent avec l’architecture. Ils nous renvoient aussi à nos origines, celles de l’être humain et de l’art pariétal. « Le charbon de bois a été pour moi un outil premier, qui m’a permis de m’exprimer sur le mur. Puis j’ai commencé à le façonner, à créer des sculptures et des installations in situ ». Dans la démarche artistique de Charlotte Pringuey-Cessac, il y a ce rapport empirique à la matière. Récemment, l’artiste a appris qu’un cimetière avait été mis au jour sur la Colline du château, avec des tombes de l’Antiquité tardive contenant des restes humains moyenâgeux. Cet anachronisme lui a fait penser à la lettre Bruit originaire de Rainer Maria Rilke. « Il y parlait de son fantasme d’entendre la mémoire d’un être, à partir de ses sutures crâniennes ». Charlotte se met alors en tête de retranscrire cette mémoire à partir des crânes découverts dans ces sépultures. Pour la réalisation, elle a utilisé des techniques innovantes 3D & son, employées par les laboratoires de recherche du CNRS à Marseille. C’est le point de départ d’un travail plastique protéiforme, qui sera déployé fin 2019 au musée de paléontologie humaine de Terra Amata et à la galerie contemporaine du MAMAC à Nice. Et de conclure : « Les pièces que je réalise sont associées à des faits réels ou fictifs. L’humain est toujours au cœur de mes intentions. »

Par Tanja Stojanov / Photo Jean_Michel Sordello