Portraits

 

 

 
 CHRISTOPHE PINNA 2017 02 JMS

 

Christophe Pinna

  • Jusqu’au bout du rêve olympique

12.2017

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Lorsque nous l’avions rencontré en 1996, Christophe Pinna – 29 ans à l’époque – était le karatéka le plus titré de sa génération. Champion du monde toutes catégories, il cumulait les médailles les plus prestigieuses avec un seul regret : « Que le karaté ne figure pas aux Jeux olympiques. » Vingt ans plus tard, nous le retrouvons sur le tapis de son dojo niçois, où il remet le kimono pour tenter d’accomplir le rêve de toute une vie : se qualifier pour les J.O. de Tokyo en 2020. « Comme d’autres athlètes de ma génération, je me suis longtemps engagé pour que le karaté devienne une discipline olympique. Alors, quand j’ai appris, en août 2016, que c’était enfin le cas, je ne me voyais pas regarder les Jeux à la télé en me demandant si j’avais le niveau. S’il y avait une infime chance que j’y sois, je devais la tenter ! » Un mois plus tard, il reprend l’entraînement après une parenthèse de 17 ans pendant laquelle il a été, tour à tour, entraîneur de l’équipe nationale grecque, de l’équipe de France Junior et de l’équipe américaine, professeur de sport pendant quatre ans à la Star Academy, puis membre du cabinet du maire de Nice avant de lancer son projet Capacity (un programme sportif et théra­peu­tique destiné aux maisons de retraite). Classé 27e millionième mondial lors de notre entrevue en juillet dernier, ce compétiteur dans l’âme ne baisse pas les bras. Preuve en est, en novembre, après notre interview, il était déjà remonté à la 141e place mondiale. « Accepter de reprendre la compétition, c’est accepter les contraintes et l’épuisement. Accepter de repousser ses limites. Accepter de ne pas avoir eu de passé dans ce sport, se préparer à perdre et oublier que vous avez été le meilleur. » Et si physiquement le chemin à parcourir est encore long, mentalement, Christophe Pinna est plus convaincu que jamais. « Je ne cherche rien à prouver, je veux juste être en accord avec moi-même. Si je ne suis pas sélectionné, ce n’est pas grave. J’irai à Tokyo en spectateur. Aujourd’hui, mon objectif est celui d’un homme qui s’est lancé un défi, pas celui d’un karatéka qui veut montrer qu’il est le plus fort. » Rendez-vous en 2020 !

 

Par Marjorie Modi

Photo Jean-Michel Sordello