Portraits

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Famille Taride

  • L’art, la musique, et caetera

12.2019

« Ce que mon père m’a transmis avant tout, c’est cette curiosité de la vie »

« Je suis né au Maroc en 1930. Lorsque les Américains ont débarqué pendant la Seconde Guerre mondiale, ils se sont installés avec leur radio que l’on pouvait écouter », se souvient Bernard Taride, qui a alors découvert de nouvelles sonorités. Vivant et travaillant à Nice depuis 1956, l’artiste s’est fait connaître avec ses miroirs plantés de clous, symboles de résistance et de résilience comme l’herbe qui pousse malgré le béton, les cailloux. Mais il a aussi développé une immense passion pour le jazz, un mot que l’on retrouve encore récemment dans sa série des « Mots dits ». « Il y avait toujours de la musique à la maison, poursuit son fils Gérard Taride. Pendant la Grande Parade du Jazz à Nice, mes parents invitaient chez nous des jazzmen comme Dizzy Gillespie, Milt Jackson ou encore Peray Heath. » Pris de la même passion, Gérard a enchaîné les albums et tournées dans les années 1980 avec son groupe Plein Sud. « Mais ce que mon père m’a transmis avant tout, c’est cette curiosité de la vie, le fait de s’intéresser aux choses et aux gens. J’aime apprendre, découvrir de nouvelles techniques, il n’y a pas de frontières entre les disciplines », poursuit Gérard, qui allie aujourd’hui photo, son, vidéo et design au sein de sa société Pure Design. Et c’est dans ses locaux, rue Ackermann, que son fils Adam produit du son aujourd’hui pour lui et les autres. « C’est une passion que j’ai transmise aussi au fils de ma compagne, Andréas, qui s’est mis à la basse », se réjouit Gérard. S’il a imaginé la scénographie de la grande exposition monographique « Bernard Taride dans un miroir brisé » au 109 au printemps, Gérard a présenté une installation de son cru à la galerie Lympia, une prison dorée pour l’exposition « Liberté, liberté chérie ». Et l’année 2019 se poursuit pour lui à Cap 3000. « Nous avons créé un concept avec des digital native vertical brands, qui sont des marques nées sur le web. C’est un magasin de 8 000 m2 baptisé Capsule, avec un espace d’exposition, une librairie et les coques des boutiques. » S’il y a bien une chose qui se cultive chez les Taride, c’est donc la créativité.

Par Tanja Stojanov – Photo Bruno Bébert