logo-paris

PARU DANS COTE FOR PARIS VISITORS

 
philippe-jordan
 

 

Philippe Jordan

  • Champion toutes catégories
______________
04.2014

Rien ni personne ne lui résiste. Ni les festivals prestigieux, ni les orchestres, encore moins les divas et les opéras de Wagner ! À 38 ans, le chef musical de l’Orchestre de l’Opéra de Paris est un des maestros les plus talentueux de sa génération. Confidences.



Il réussit l’exploit de se faire apprécier du public, des musiciens et même des chanteurs qui défilent au-dessus de son pupitre ! À la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Paris depuis 2009, Philippe Jordan a beau avoir une gueule d’acteur et un physique d’athlète, son succès s’appuie sur deux postulats implacables : il est un chef surdoué et l’humilité l’accompagne en toutes circonstances. Un comportement qui force le respect dans cet univers peu réputé pour sa modestie… Si son destin semblait tout tracé, le fils du maestro suisse Armin Jordan a pourtant préféré s’écarter de la voie royale avant de s’emparer de la baguette pour de bon. Au lieu de passer les grands concours, il quitte Zurich pour intégrer le Stadttheater d’Ulm en tant que pianiste répétiteur. Plus tard, aux côtés de Daniel Barenboim qu’il assiste à Berlin, il « fait ses gammes » de chef puis débarque dans la petite ville de Graz, en Autriche, dont il dirige l’opéra et l’orchestre. Malgré son jeune âge, les musiciens placent une grande confiance en Philippe Jordan, les chanteurs apprécient son sens musical et sa volonté de ne pas couvrir les voix. Le public est conquis par l’élégance de son geste, discret, jamais dans le « show off ». Souvenir ému d’un Requiem de Verdi donné un dimanche après-midi, où l’on pouvait presque entendre les poils des bras se soulever dans l’assistance, voici le maestro subito !



Un sacré métier
« Le métier de chef d’orchestre est un travail qui demande beaucoup de créativité et de respect envers ses “collaborateurs”. C’est cette double dimension qui m’a attiré. L’orchestre est un des piliers d’une maison d’opéra. Cela ne sert à rien d’avoir des idées théoriques extraordinaires sur la façon de diriger une œuvre si l’osmose de travail n’existe pas. Pour faire de la bonne musique, il faut des musiciens à l’aise. Produire la note juste en dépend ! Contrairement aux idées reçues, je ne fais pas de compromis. Je donne simplement un espace de liberté à chacun pour aboutir à une synthèse satisfaisante. Si certains estiment que la mondialisation et les standards du disque ont généré une uniformisation du son, je constate tous les jours combien chaque orchestre possède son identité sonore propre. »



L’opéra-roi
« Le spectacle lyrique a quelque chose de plus que le concert symphonique : sa dimension théâtrale, la présence du texte, des décors, des éclairages, parfois de la danse… Il faut faire marcher ensemble tant d’éléments différents. Les raisons d’un succès sont presque impossibles à expliquer. Le chef d’orchestre y est forcément très sensible : c’est un des seuls participants qui a la chance de suivre une représentation du début à la fin. »



Sur le Ring wagnérien
« La Tétralogie de Wagner que j’ai dirigée la saison passée – l’œuvre n’avait plus été donnée dans son intégralité à l’Opéra de Paris depuis 1957, NDLR – m’a procuré un sentiment extraordinaire. Aujourd’hui, je peux même dire que Wagner a transformé mon travail. Comme il a transformé l’orchestre (100 musiciens réunis dans la fosse, NDLR) durant les représentations ! De jouer le cycle complet en une semaine, comme c’est le cas à Vienne ou à Berlin, fut une aventure éprouvante mais littéralement euphorisante, un peu comme une randonnée en montagne dont on sait à l’avance qu’elle sera très difficile, mais qui procure des sensations d’adrénaline au fur et à mesure que l’on approche des sommets. Diriger Wagner constitue une expérience artistique sans doute supérieure aux autres. L’émotion et l’intellect se mélangent, dans le texte comme dans la musique. Comme un bon surfeur, on se laisse porter par ces vagues sonores. »



Deux premières fois
« Aborder pour la première fois une œuvre procure toujours une grande pression. Avec Aïda1, c’est un peu différent vu qu’elle n’a pas été donnée à l’Opéra de Paris depuis 45 ans. C’est donc une découverte pour moi autant que pour l’orchestre ! Je suis pareillement excité à l’idée de diriger cette saison mon premier ballet. La direction d’orchestre est différente de celle d’un opéra car c’est un corps qu’on accompagne et non plus une voix. Je suis content de collaborer avec Benjamin Millepied, notre futur directeur des ballets. »

 

 

 

  • COTE 30 ANS

magazine-mars

lire le magazine
Octobre - novembre 2017

week end by cote

 

 

 

fb-cote