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PARU DANS COTE FOR PARIS VISITORS

 

 
 caron
 

Romain Alès

  • « Rebondir sur l’avenir sans rien perdre d’hier »
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10.2015

L’un des trois écrins de la maison Caron vient de déménager rue François 1er. La nouvelle boutique arbore les trésors de la marque centenaire, dont le dernier-né s’appelle Pour un homme Sport. L’occasion d’évoquer cette belle histoire avec son président.

 

Caron. « On a effectué des recherches, des anecdotes circulent, mais le mystère reste entier. La légende dit que le fondateur de la marque, Ernest Daltroff, avait lu dans la presse l’exploit d’un acrobate du nom de Caron et que, le jour même, il serait rentré dans une petite boutique portant l’enseigne Anne-Marie Caron. Le nom est court, mémorisable et facile à prononcer dans plusieurs langues. »

 

Ernest Daltroff. « Un grand monsieur qui a donné vie à l’une des plus belles marques qui soient. D’origine russe, il vient d’une famille aisée, a effectué de nombreux voyages, dont un en Amérique du Sud qui l’a beaucoup marqué par ses couleurs, ses odeurs... Il ouvre sa première enseigne au 10 rue de la Paix en 1904, au côté de Félicie Wanpouille, sa directrice artistique, sa muse et bien plus sans doute. La jeune femme aux multiples talents et dans l’air du temps a ses habitudes chez Jeanne Lanvin, Coco Chanel, et l’aidera à mener à bien son aventure. »

 

La haute société. « Ernest en faisait partie, certes, mais il n’était pas un parvenu qui occupait son temps en faisant des parfums. L’homme était incroyablement sincère dans sa démarche et avait surtout envie de surprendre. Lorsque N’aimez que moi est créé en 1916 à l’intention des combattants qui l’offrent à leur bien-aimée, nous ne sommes plus dans la haute société, mais dans l’humanité. Idem à la fin de la guerre, Tabac Blond (1919) rend hommage aux soldats américains et à leurs cigarettes légères, dont Félicie et Ernest ont humé les volutes dans les rues libérées de Paris... » 

 

La rose « L’idée fixe de tous les parfumeurs, je crois. Parce que dans le geste de la rose, il y a d’abord l’amour. Dès qu’il y a déclaration, une rose pointe le bout de ses pétales. Dans la poudre Caron, nous utilisons la rose de Bulgarie au parfum très délicat, et le jus Délire de roses (vendu exclusivement en boutique) est un concentré précieux de la reine des fleurs. »

 

Narcisse noir « Dès sa sortie en 1911, il est porté par l’immense Gloria Swanson. On raconte que, sur un tournage, l’actrice aurait demandé que le parfum soit vaporisé sur les lieux, sous peine de représailles. Plus de cent ans après, une autre beauté fatale, Dita von Teese, se parfume avec Narcisse Noir. »

 

Pour un homme. « 1934, 80 ans, 4 générations... Le premier parfum destiné à la gent masculine, à la fois luxueux et populaire. Le mariage inattendu de la lavande qu’Ernest Daltroff chérit et de la vanille que sa fidèle collaboratrice affectionne. La formule n’a pas changé, le flacon est resté le même et séduit autant les hommes que les femmes. »

 

Richard Fraysse. « Une grande lignée de parfumeurs. Son grand-père a créé English Lavender de Yardley et son père fut le tout premier nez de l’histoire de la parfumerie, embauché par la maison Lanvin et auteur du mythique Arpège... Richard nous a rejoints dans le groupe familial en 1998. Il est devenu le parfumeur créateur exclusif de Caron, racheté au même moment. Il lui a fallu capter l’ADN de la marque et surtout perpétuer l’esprit de la maison sans jamais la trahir. Aujourd’hui, son fils William travaille avec nous, la relève est assurée. »

 

Haute parfumerie française. « Je n’ai pas peur de dire que c’est Caron qui a remis ce concept au goût du jour, il y a une dizaine d’années. Il y a du secret dans le parfum... Avec Guerlain, nous sommes sans doute les seuls à proposer non pas du sur-mesure mais des fragrances exclusives, délivrées dans nos célèbres fontaines à cristal, pièces maîtresses de nos boutiques (1) et des quelques corners de luxe triés sur le volet. »

 

Patrick Alès. « Mon père ! Il va bien et je lui souhaite de continuer d’aller bien. C’est un homme exceptionnel, un grand visionnaire, qui a toujours agi avec passion. Par exemple, en 1974, il dépose le nom de L’Anarchiste à l’INPI alors que Caron ne sera racheté par le groupe qu’en 1998... Le parfum éponyme sera finalement créé en 2000 par Richard Fraysse. Le rêve de mon père s’était enfin réalisé ! Enfant, je l’entendais souvent dire qu’un jour, il créerait un parfum... »

 

Romain Alès. « Un petit bonhomme avec des projets et des rêves [sourires]. J’aime passionnément Caron et toutes les belles histoires qui lui sont associées. Mon défi aujourd’hui est de rebondir sur l’avenir sans rien perdre d’hier. »

 

ADRESSES À PARIS
90 rue du Faubourg Saint-Honoré, 8e
153 boulevard Saint-Germain, 6e
23 rue François 1er, 8e

 

Par Mireille Sartore

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